Né en 1917 à Dizi près de Tshela centre dans le Mayombe (Bas-Congo),
district du Bas-Fleuve au Congo belge et décédé le 24 mars 1969 à Boma (Bas-Congo).
Élève brillant et discipliné au petit-séminaire de Mbata-Kiela, il a poursuivi ses études
supérieures au grand-séminaire de Kabwe au Kasaï pour devenir prêtre catholique. Cependant, au
cours de la dernière année de sa formation, il a été jugé trop indépendant et trop critique pour
devenir prêtre. Exclu du grand-séminaire sans motif valable à ses yeux et fort de sa formation
en philosophie, il s'engage alors dans l'enseignement colonial. S'estimant insuffisamment payé
pour son niveau d'instruction, il abandonne la carrière d'enseignant, et devient employé dans la
société Agrifor à Tshela pour ensuite devenir en 1942, comptable au service des finances du
gouvernement colonial à Léopoldville.
C'est là qu'il subit les influences parfois divergentes de divers groupes d'« évolués »
congolais et du mouvement de la décolonisation africaine.
Il a été le premier Congolais à réclamer auprès du colonisateur
les droits des premiers occupants en 1947. Il s'est surtout révélé
au grand public national et international en tant que dirigeant et
président de l'ABAKO , Association des Bakongo, peuple qui constituait
plus de 60 % de la population qui habitait la ville de Léopoldville
dans les années 1950.
Association culturelle au départ,l'ABAKO s'est peu à peu transformée
en parti politique vers 1955. Joseph Kasa-Vubu a, au nom de l'ABAKO,
réagi au plan Van Bilsen qui demandait que l'élite congolaise soit
préparée avant d'accéder à l'indépendance . Ce plan proposait 30 ans
pour cette préparation.
En effet, le groupe congolais de la conscience africaine (Malula, Iléo, etc)
répondit au plan Bilsen par un manifeste pour l'approuver tout en demandant
l'intégration progressive du peuple congolais dans la gestion de la chose
publique avant l'échéance de 30 ans. Par contre, l'ABAKO, à travers son
contre-manifeste, voulait l'annulation du plan Bilsen et avait demandé
l'indépendance immédiate et sans condition du Congo conduisant à la première
crise politique belgo-congolaise .
Par cet acte, l'ABAKO était le premier
parti-politique à demander l'indépendance du Congo .
En 1958, après une élection largement remportée par l'ABAKO à Léopoldville,
il devient le premier bourgmestre noir de la commune de Dendale (aujourd’hui
commune de Kasa-Vubu) situé au centre de la ville de Léopoldville
(actuellement Kinshasa).
Le 4 janvier 1959 , à la suite de l'interdiction par le
pouvoir colonial du rassemblement politique de l'ABAKO devant être
donné par Joseph Kasa-Vubu et les autres dirigeants de l'ABAKO, de
graves émeutes éclatent à Léolpoldville.
Les partisans de l'ABAKO
revenant du lieu de l'évènement annulé, pour manifester leur colère,
s'attaquent aux édifices coloniaux, commerces et magasins appartenant à
des Blancs.
Il s'est ensuivi un affrontement sanglant avec les forces de
l'ordre lourdement armées. Ces émeutes font plusieurs morts et blessés,
particulièrement du côté des manifestants.
À la suite de ces graves émeutes, Joseph Kasa-Vubu et les autres dirigeant de l'ABAKO
(Daniel Kanza, Gaston Diomi Ndongala, Pindi, etc.) sont recherchés et certains d'entre
eux arrêtés, mais à la suite de la pression populaire et politique de plus en plus montante,
ils ont été vite libérés.
La Belgique a alors ouvert des négociations avec les forces politiques
locales,
négociations dites de la « Table ronde de Bruxelles », pour une indépendance immédiate.
Lors de la Table ronde de Bruxelles, Joseph Kasa-Vubu s'est particulièrement illustré en
demandant la libération immédiate de Patrice Lumumba et sa participation à la Table ronde ,
menaçant de quitter lui-même la Table ronde.
Lumumba était incarcéré à la prison de
Stanleyville pour un prétendu détournement des fonds de la société qui l'employait au
profit de son parti politique. Grâce à son intervention, Lumumba a été libéré et a rejoint
la Table ronde.
À l'indépendance du pays (30 juin 1960), Joseph Kasa-Vubu est largement élu premier président de la
jeune République du Congo par le premier Parlement congolais face à Bolikango.
Il dirige le pays du 30 juin 1960 au 24 novembre 1965, dans un contexte de crises
politiques, rébellions et tentatives de sécession. Il garde aujourd'hui en République
démocratique du Congo une image généralement positive, et reste dans les mémoires comme
un homme politique soucieux d'honnêteté et de transparence3.
Quelques mois après l'indépendance, un conflit ouvert éclata entre Joseph Kasa-Vubu
et le Premier ministre Patrice Lumumba. Ce dernier était accusé de mauvaise gouvernance,
mais aussi de vouloir conduire le pays vers le communisme et aussi d'entretenir l'anarchie dans le pays notamment en poussant les militaires à se révolter contre les partenaires et techniciens étrangers encore présents au pays - d'où la décision de Joseph Kasa-Vubu de révoquer Lumumba et de demander au Parlement de pouvoir choisir un autre Premier ministre. Lumumba, à son tour, par un message diffusé à la radio nationale, tenta de révoquer Kasa-Vubu avant d'être lui-même mis en résidence surveillée, puis assassiné.
Après avoir été évincé par le coup d'État militaire de Joseph Mobutu en novembre 1965,
Joseph Kasa-Vubu fut astreint à résidence par ce dernier et meurt de maladie et de
manque de soins en 1969 dans sa résidence surveillée de Kisundi, situé à Boma, dans
l'actuelle province du Kongo-Central.